Collections

Naissance d’une collection

Je voyais les choses qui disparaissaient, le matériel agricole qui évoluait peu à peu, tout bougeait, tout changeait, et bientôt si on ne faisait rien, il ne resterait plus ni traces, ni témoignages de la vie telle que l’avaient connue nos ancêtres, telle même que nous l’avions encore vécue il y a quelques décennies…
(Albert Demard, Un homme et son terroir)

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photos Jacques Monnin

C’est ainsi que naît au milieu du XXème siècle le projet ambitieux de sauvegarde du monde rural dans l’esprit d’Albert Demard, alors garde-champêtre. Cette volonté de sauvegarde articule deux démarches complémentaires : d’une part, Albert Demard épaulé par sa femme Félicie puis son fils Jean-Christophe parcourt les environs de Champlitte pour collecter (prospecter selon ses termes) d’abord à pied, puis en vélo, enfin en voiture des objets appelés à disparaître. D’autre part, Albert Demard a dès le départ la volonté de montrer ces collections dans des espaces reconstitués, muséographies poétiques qui font voyager le visiteur dans le temps.

Par la suite, George-Henri Rivière, fondateur du Musée National des Arts et Traditions Populaires (MNATP, actuel MUCEM) rendra hommage à Albert Demard, l’érudit, l’orateur, le rassembleur d’objets, le conservateur de musée.

Témoins donc d’une époque qui disparaît, les collections des musées départementaux de la Haute-Saône évoquent le monde rural du XIXème siècle et du début du XXème siècle. Elles l’évoquent de manière exhaustive dans une succession de reconstitutions présentant respectivement l’habitat, les différents corps de métier liés à l’artisanat, les objets techniques de l’économie domestique, les outils de l’enseignement, les artefacts de la chasse… un temps recomposé à voir dans les quelque 40 salles du musée d’Arts et Traditions Populaires, au cœur du château de Champlitte.

Albert Demard étend par la suite la zone de collecte aux Vosges Saônoises, s’appuyant sur le travail ethnographique naissant de Jean-Christophe Demard, son fils. Cette extension de la zone de collecte va permettre d’élargir les thématiques en prenant pour objet également le patrimoine montagnard : travail du bois, traîneaux… qui vont compléter les collections déjà constituées et exposées au musée de la Montagne à Château-Lambert depuis 1977.

Jean-Christophe Demard, conservateur des musées départementaux à la suite de son père, fondera en 1992 le musée des Arts et Techniques. Illustrations du véritable tournant que constitue la mécanisation des campagnes et des ateliers, ces nouvelles salles dans un bâtiment qui leur est dédié évoquent le bouleversement issu des nouveaux moyens de production toujours à travers le prisme d’unités reconstituées. Locomobiles, pétrin mécanique, machines à coudre, graineterie, enrichissent dès lors les collections départementales.

Inventaire, récolement et numérisation

Atelier de prise de vue

Atelier de prise de vue

Au temps du sauvetage et de la collecte, se devait de suivre le temps de l’inventaire. A une documentation de l’urgence succède la nécessité de lister, de répertorier, d’étudier ce qui constitue dès lors le patrimoine de la Haute-Saône. Dès les années 2000, les musées départementaux mettent en œuvre une politique d’inventaire informatisé, à l’aide d’outils qui centralisent l’ensemble des informations scientifiques, physiques et administratives liées aux objets.

Cette politique trouve écho dans la loi musée votée en 2002, loi qui rend obligatoire le récolement de l’ensemble des œuvres d’une collection publique tous les 10 ans. C’est l’occasion pour les musées départementaux de commencer le long travail d’inventaire systématique de la riche collection initiée par Albert Demard et sa famille. Chaque objet est décrit physiquement, rattaché à ses informations de collecte lorsqu’elles sont disponibles et surtout photographié dans un but de diffusion. Les musées départementaux ont ainsi créé depuis 2003 une banque de plus de 10 000 images haute-définition illustrant le monde rural et ses activités.

Parallèlement à ce travail de documentation, l’équipe des musées départementaux a lancé le travail de conditionnement et de mise en réserve essentiel à la pérennité de l’ensemble constitué au fil des ans.

Des trésors cachés…

Une riche collection textile

Une riche collection textile

Le travail mené autour des expositions est l’occasion de redécouvrir des collections parfois peu mises en valeur dans la muséographie historique du musée.

L’exposition Marionette, objet de vies en 2004 fut l’occasion de publier un catalogue raisonné sur l’ensemble de la collection lié à l’art de la marionnette : décors de castelet, castelets, marionnettes à gaine et à tringle.

Adossée à une importante campagne de restauration, l’exposition 1860-1910, 50 ans d’élégance en Haute-Saône réalisée en 2010 a permis l’étude et la conservation de la collection textile des musées départementaux. Ces ensembles féminins contribuent aujourd’hui à écrire l’histoire de la Haute-Saône et des échanges qui déjà façonnaient notre territoire.
Parce qu’elles sont fragiles, ces collections sont exposées avec parcimonie.

Rayonnement des collections

Aujourd’hui, ces collections sont en majeure partie visibles dans les 3 musées départementaux à Champlitte et Château-Lambert, dans les parcours permanents ou lors d’expositions temporaires. Le Département de la Haute-Saône s’est fixé pour mission, entre autre, la diffusion et le rayonnement de cette riche collection.

Les musées départementaux accompagnent donc des projets locaux qui valorisent le patrimoine haut-saônois mais prêtent également des œuvres à des institutions de renom partout en France.

A l’écoute de son temps, l’équipe des musées départementaux travaille en outre à la diffusion des collections sur Internet. A ce titre, un partenariat ambitieux d’illustrations d’articles de l’encyclopédie Wikipedia a été conclu en 2012 avec Wikimedia France.
Vous pourrez retrouver des informations sur les sites suivants :

Enfin, n’hésitez pas à nous contacter dans le cadre de projets pouvant s’appuyer sur ce patrimoine haut-saônois.